Quatuor à cordes n°15

Op. 132

Contexte & Analyse

Commencé avant l'Op. 130 et achevé en 1825, après une grave maladie intestinale qui terrassa Beethoven au printemps de cette année. En guérison, il composa le troisième mouvement en y inscrivant ce titre poignant : Heiliger Dankgesang eines Genesenden an die Gottheit, in der lydischen Tonart (Chant sacré de reconnaissance d'un convalescent à la Divinité, en mode lydien). Cette page mystique et lumineuse, alternant avec des épisodes plus vivants intitulés « Neue Kraft fühlend » (ressentant de nouvelles forces), est l'une des plus émouvantes de toute la musique occidentale.

Structure & Mouvements

1.Assai sostenuto – Allegro 4/4
La mineur
2.Allegro ma non tanto 3/4
La majeur
3.Heiliger Dankgesang (Chant de reconnaissance): Molto adagio 4/4
Fa majeur
4.Alla Marcia, assai vivace 4/4
La majeur
5.Allegro appassionato 3/4
La mineur

Notice Analytique

L'œuvre se déploie en cinq mouvements :

  • Assai sostenuto — Allegro — Une introduction sombre et intense, suivie d'un allegro tourmenté qui pose l'atmosphère dramatique de l'œuvre.
  • Allegro ma non tanto — Menuet discret et aimable, offrant un moment de légèreté presque naïve.
  • Molto adagio — « Chant de reconnaissance » — Cœur de l'œuvre : un chant mystique en mode lydien archaïque alterne avec des épisodes plus vivants (« ressentant de nouvelles forces »), traduisant le passage de la maladie à la guérison.
  • Alla marcia — Assai vivace — Bref intermède militaire, comme un retour à la vie active.
  • Allegro appassionato — Finale ardent et passionné, concluant l'œuvre dans une énergie affirmative.